Murdochville, le paradis de la poudreuse

décembre 15, 2020 / Par nicolas

Temps de lecture : 5 min

En 2002, la municipalité de Murdochville, en Gaspésie, s’est retrouvée sur le respirateur artificiel. Après la fermeture définitive de la fonderie, 70% des habitants ont voté pour la fermeture de la ville. Heureusement, le gouvernement québécois a refusé de lancer la serviette. Près de 20 ans plus tard, la ville renaît de ses cendres, notamment grâce aux snowboarders.

« Quand la mine a fermé, la ville a pratiquement fermé aussi, il y a eu un gros exode, raconte Mylaine Robichaud, qui travaille à l’Auberge-jeunesse Chic-Chac de Murdochville depuis 4 ans. Il y avait un centre de ski qui était opéré par la ville pis ils ont voulu fermer ça, mais Guillaume Molaison (PDG du Chic-Chac) a dit ‘’ben non, y’a ben trop de neige, on peut pas faire ça’’ et il a acheté le centre, via l’auberge ! »

À son plus fort, au milieu des années 70, Murdochville comptait 5000 habitants, dont près de la moitié travaillait pour Mines de cuivre Gaspé.

Aujourd’hui, Murdochville compte moins de 700 habitants… et la plupart y sont installés pour exploiter une autre matière que le cuivre. Les gens convergent désormais vers ‘’Murdoch’’ pour sa neige.

« Tu rentres ici et c’est comme une grosse famille, une gang de snowbums qui cherchent juste à aller faire des first tracks, lance Mylaine. »

« Le feeling d’être à Murdochville avec la gang, c’est un peu comme quand tu arrives dans une auberge de jeunesse et que tu passes 24-48 heures avec le monde et que ça devient tes meilleurs potes, que tu bâtis une connection comme si ça faisait 10 ans que tu les connaissais alors que ça fait une journée. »

La démographie de l’endroit a beaucoup changé et la moyenne d’âge a diminué considérablement. Les maisons à vendre, pour une bouchée de pain, trouvent preneurs très rapidement. Il y a, à Murdochville, une véritable ruée vers l’or blanc.

« Ce qui est le fun maintenant, c’est que le monde s’achète des maisons, on est peut-être rendus une quinzaine qui vivons ici à l’année juste parce qu’on trippait sur le vibe. Le monde est là pour rester. Un de mes amis a acheté sa maison il y a 7 ans pour 7000$… »

Le prix des maisons est encore dérisoire à Murdochville, mais les choses commencent à changer. L’entrepreneuriat prend de l’ampleur et Mylaine planche actuellement sur un projet de maison locative et d’un café. De plus en plus de gens convergent vers cette petite municipalité située à une heure de Gaspé et à deux heures de la Baie des Chaleurs.

« Tout est à faire à Murdochville. C’est pas comme quand tu arrives à Whistler ou à Montréal et que tu veux ouvrir une business, oublie ça, affirme Mylaine. »

« Ici, si tu as un projet, tu as juste à en parler pis travailler pis ça va se faire. J’ai des amis qui viennent de s’ouvrir une business d’initiation au camping d’hiver et de guidage, ça s’appelle Le Couloir. Puis là, on est sur le point d’acheter une autre maison, un genre de taudis qu’on va transformer en maison locative. »

À quelques centaines de mètres, les amoureux des sports de glisse ont l’embarras du choix puisque la ville est entourée de montagnes. Les plus connues sont le Mont du Porphyre et le Mont Miller, mais les connaisseurs se permettent d’explorer encore davantage. La région est désormais reconnue pour son backcountry.

Le Mont Miller est encore desservi par des t-bars, mais pour le reste, il faut être prêt et organisé. De sa fenêtre, Mylaine peut voir toutes les montagnes…

« Tu pars de la maison avec tes skins (N.D.L.R. peau de phoque, une bande de tissu collée à la semelle du ski pour qu’il ne glisse que dans un sens, permettant ainsi de remonter une pente*), pis t’arrives au Porphyre ou au Copper, pis là tu rides! »

Tout ça fait rêver, avouez. L’équipe de JACKALOPE ira vivre l’expérience cet hiver en compagnie de Mylaine et sa bande. Nous vous préparons un épisode exclusif sur les joies du backcountry dans l’Est du Québec.

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