DISTURBAN : reconquérir Montréal

décembre 3, 2020 / Par nicolas

Temps de lecture : 3min

JACKALOPE.TV, Allez Up et Yeti sont heureux de vous offrir notre toute nouvelle web-série mettant en lumière l’escalade et ses différentes disciplines et acteurs au Québec.

Cet épisode met en vedette une discipline méconnue, le bloc urbain, qu’on décortique ici dans un article.

Quinze ans après la sortie du film Disturban, le directeur général d’Allez Up Antoine Séguin récidive avec une série qui retrace certains des spots urbains qui avaient été conquis par des grimpeurs montréalais.

« En 2005, on développait beaucoup l’escalade dans le Nord, à Val David, explique Antoine. Mais on a commencé à avoir un peu moins de temps pour constamment aller dans le Nord et il y avait toute la vague parkour/Yamakazi qui nous inspirait. On a alors commencé à regarder les buildings un peu différemment. »

Outre l’inspiration des athlètes de parkour, les grimpeurs avaient également été inspirés par la venue du Spiderman français Alain Robert à Montréal. Le grimpeur a été l’un des pionniers de la grimpe urbaine.

Il a notamment escaladé l’hôtel Crowne Plaza à Montréal, mais ses plus gros accomplissements demeurent la tour Eiffel à Paris, l’Empire State Building à New York et les tours jumelles Petronas à Kuala Lumpur, en Malaisie.

À ce moment, Antoine et ses partenaires ont commencé à se demander comment ils pouvaient utiliser le mobilier urbain en ville pour continuer à grimper?

« Disturban, c’est un projet vidéo qu’on avait fait pour montrer toutes les lignes qu’on avait réussies à Montréal. »

Parmi les endroits conquis par les grimpeurs à l’époque se trouvaient notamment le tunnel Atwater et la station de métro Lasalle.

Athlète : Jay Jeong
Crédit : Mathieu Tranchida

« Y’a pas une fois où je passe dans le tunnel Atwater où je ne me rappelle pas de la fois où on l’a grimpé, raconte Antoine. Quand je passe en avant du métro Lasalle, je vois ça comme un bloc d’escalade. L’architecture, c’est très géométrique et linéaire et ça nous permet de voir des lignes potentiels à grimper. »

C’est donc avec cette idée en tête qu’Antoine et ses partenaires de grimpe, Marc-Antoine Vigneault, Zoe Beauchemin, Jay Jeong et Bea Evans, sont retournés conquérir l’architecture urbaine de Montréal. Viaducs, buildings, stations de métro, ils ont repoussé les limites qu’ils s’étaient eux-mêmes fixées en 2005 dans le cadre de cette nouvelle série.

À l’instar des skaters, les grimpeurs ont tendance à regarder l’architecture urbaine avec une perspective différente. Ce qui peut n’être qu’une rampe d’escalier pour une personne normale sera vue comme un set de 8 marches avec un handrail par un skater. En escalade, c’est la même chose.

Mais le parallèle entre ces deux sports marginaux ne s’arrête pas là.

« Si tu vas faire de l’escalade urbaine, ce ne sera pas long avant que tu te fasses achaler. C’est comme le skate… la sécurité va débarquer, le propriétaire va être fâché, la police va venir… on s’est fait sortir de spots très souvent. C’est pas si le fun. »

Non seulement peut-il s’agir d’une activité compliquée en raison des interdictions, la grimpe urbaine peut être très dangereuse. Ce n’est ni pour les débutants, ni pour ceux qui ont peur des hauteurs.

« Les gens sont habitués de grimper dans des gyms où y’a des gros matelas, où les murs ne sont pas plus haut que 15 pieds. Quand tu vas dehors, tu dois calculer ton risque. Faut pas que tu te pitches comme tu te pitcherais en dedans parce que là, la chute est réelle, conclut Antoine. »

Stay tuned ici et ici pour pas manquer ça.