BASE jump – Comment vient le besoin de se lancer dans le vide ?
juillet 6, 2020 / Par yann
Il y a deux types de personnes, il y a ceux qui ont envie de se lancer dans le vide quand ils voient un point en hauteur et il y a les autres. Les premiers sont des adeptes du BASE Jump. BASE Jumping veut dire que quelqu’un saute en parachute mais pas d’un avion. C’est un acronyme fait avec les mots bâtiments (buildings), antenne (antenas), spans (anglais pour ponts ou travées) et escarpement (earth\cliffs). Pourquoi certaines personnes prennent plaisir à sauter en bas de la tour du stade Olympique alors que ce serait le cauchemar de la majorité ? C’est une chose d’avoir envie, mais comment en vient-on à essayer pour une première fois ? Et comment on passe de la première fois à un loisir ? Quelle est la préparation requise pour s’élancer une première fois ? Nous avons posé la question à quelques adeptes de cette pratique pour en savoir plus.
Athlètes JUMP OFF 2019
Photo : JF Savaria
Le déclic
Pour le pilote, Luc Geoffroy, un des téméraires à avoir sauté de la tour du stade Olympique à la plus récente édition du JACKALOPE 2019, tout a commencé quand il a vu le vidéo d’un saut à un endroit qui l’a interpellé. C’était à l’exit no6 à Kjerag en Norvège. Pour Bertrand Cloutier, pionnier du Québec en parachute et en BASE jump, il y aurait aussi une explication neurochimique. Il explique que certaines personnes ont un niveau anormalement bas de monoaminesoxydase (MAO). Une telle déficience de cette enzyme produirait des traits de personnalités apparentés aux libre-penseurs, aux audacieux. Ceci explique cela. Avec la bonne prédisposition neuronale, il suffit d’une étincelle.Luc Geoffroy / JACKALOPE 2018
Photo : Yann Roy
Le premier saut
Quand Luc Geoffroy a vu le vidéo qui lui a donné la piqûre en 2012, il n’avait sauté en parachute qu’une centaine de fois et ce n’est pas suffisant pour se lancer d’un falaise où la zone d’atterrissage est pleine de gros rochers. Il a donc fait ce que tout bon débutant devrait faire : il s’est trouvé un professeur, un mentor. C’était le pionnier Bertrand Cloutier. Comme pour tous les adeptes du BASE jump. Si le parachute n’est pas le premier amour, ça doit au moins être un passage obligé. Comme Luc, Bertrand Cloutier et le célèbre pilote Phil Boisjoli ont sauté en parachute plusieurs centaines de fois avant de s’élancer du haut d’une plateforme ou d’un rocher. Il faudrait un minimum de 200 sauts en parachute afin de commencer à maîtriser les atterrissages et les voilures. Que ce soit dans une école ou avec un expert mentor, il faut absolument commencer par apprendre à maîtriser le vent et la voile mais Luc ajoute qu’il y a une chose qu’il faut par dessus tout et cela ne s’apprend pas : un désir intense et la conviction profonde que sauter en BASE jump est la bonne chose à faire. Pour en apprendre plus sur Bertrand Cloutier :Tromper la mort pour vivre encore plus
C’est une pratique risquée que de s’élancer dans le vide d’un point en hauteur. S’il faut trouver un point d’un minimum de 150 pieds de hauts, il y a toute une panoplie d’autres facteurs à surveiller, le vent, la température, la présence de lignes de hautes tensions, les conditions d’atterrissage et j’en passe. Une étude norvégienne a révélé que le taux de risque de blessure et d’accident serait à environ 0.4-0.5%. Je vous laisse faire le calcul pour quelqu’un qui cumule les sauts par centaines comme le doyen Bertrand Cloutier. C’est pour cette raison que rien n’est pris à la légère lors d’un saut. Luc rappelle qu’il ne faut brûler aucune étape et aussi sauter pour les bonnes raisons. Certains pourraient se demander quelles sont ces fameuses bonnes raisons de sauter. Le pilote Phil Boisjoli disait en entrevue la chose suivante : «Avant de sauter, je pense au moment présent et il y a juste ça qui compte. On saute pour être encore plus en vie!»Phil Boisjoli
Photo : Arianne Bergeron